Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Corse, la beauté des crus

Les vignerons de l'île se donnent rendez-vous ce week-end à Luri, au nord du golfe de Saint-Florent, pour la Fiera di u vinu. ). Impossible d'échapper à la transformation du marché. 

Comme les parfums capiteux resplendissent avec l'été, la saison des vins corses s'annonce. Puissants, leurs arômes n'en sont pas moins rafraîchissants. Exacerbées, les notes de maquis, de genêt, d'épices, mais aussi d'agrumes, se déclinent en rouge, en rosé et de manière particulièrement élégante en blanc. Racés grâce aux cépages autochtones comme le vermentino, le nielluccio ou le sciaccarello, les vins corses ouvrent un univers de saveurs épatantes pour l'été. Chaque année, pendant le premier week-end du mois de juillet, les vignerons corses, qu'ils soient de Sartène, de Calvi ou de Figari, se retrouvent à Luri, petit village de la pointe nord du cap Corse. Ce week-end donc, pour la seizième édition de cette fête, placée sous l'égide de « L'année des terroirs » mise en place par l'Institut national des appellations d'origine (Inao), ils font à nouveau déguster leur production. Une occasion de découvrir des vins à l'accent corse et à des prix raisonnables.

 

Encadrées de murs bien secs aux pierres nues, les portes des maisons corses, agglutinées dans les villages, apparaissent souvent closes. Celles du vignoble, cependant, s'ouvrent peu à peu, organisent même leurs routes touristiques grâce à des syndicats dynamiques, animées par les deux cents producteurs de la région (essentiellement des caves particulières, cinq caves coopératives, un seul négociant. et descendant revendiqué de la famille Bonaparte. Elle nous permet de trouver des marchés de niche qui réclament des vins typés, même en quantité limitée. »

 

Il faut imaginer les deux frères Jacques et Jean-Charles Abbatucci partant de leur ferme de polyculture à Casalabriva, près d'Ajaccio, en route pour Vinexpo, le salon international du vin, qui a eu lieu la semaine dernière à Bordeaux. Le samedi après-midi, après avoir chargé leur camion d'une dizaine de caisses (pour assurer les dégustations des importateurs venus sur le stand de la Corse), de cinq veaux « bio » et surtout de 5 tonnes de bois de leurs oliviers sauvages, les voici voguant en mer. Les saveurs corses se méritent. Débarqués sur les quais de Toulon, ils roulent toute la nuit et entrent à l'aube dans la capitale mondiale du vin. Pour être prêts pour le déjeuner, il leur faut encore installer la rôtissoire, car le veau embroché doit tourner une dizaine d'heures. Grâce aux deux frères, fiers de la qualité de leurs produits autant que de leurs racines, les premiers visiteurs de Vinexpo ont pu savourer la tendresse du veau, aromatisé aux senteurs des bois de l'île de Beauté, dès le dimanche midi.

 

Les vins corses appartiennent ainsi à un ensemble de produits.

 

La monoculture du vignoble est récente sur l'île où le vin est apparu en même temps que les Phocéens en 565 avant J.-C. Nombreux sont encore les vignerons qui vendent aussi leur huile d'olive, aux notes citronnées, mordantes à souhait. Ou même ne la commercialisent pas. Ici, on fait son vin ou son huile, comme on fait son lit. A Calenzana, derrière Calvi, dans le Nord-Ouest, le président de l'appellation Corse-Calvi, Bernard Villanova, possède le domaine Camella (le chameau), soit quatre hectares. Jusqu'au mois de janvier dernier, son activité de vigneron était restée secondaire : « Je travaillais à EDF-GDF, raconte-t-il. Il m'arrivait de livrer mon vin dans ma petite voiture. Ma production est confidentielle. Au-delà de L'Île-Rousse (30 kilomètres à peine), mon vin n'est même pas connu. Mais il y a un proverbe corse qui se dit lorsque l'on trinque avec son voisin : on a toujours besoin d'un plus petit que soi. Je tiens ce rôle dans le vignoble. »

Les commentaires sont fermés.